Trois ans de prison pour… des oreilles de Mickey !

Un jeune avocat Égyptien de 28 ans a été condamné à trois ans de prison pour avoir partagé sur son compte Facebook une image du maréchal al-Sissi portant des oreilles de Mickey Mouse. Le jeune homme a reçu le verdict alors qu’il terminait son service militaire. Il ne nie pas avoir partagé le montage photo du président affublé des oreilles de la célèbre souris, mais se défend de l’avoir produite puisqu’il ne sait absolument pas comment utiliser Photoshop !

egypte

L’histoire a littéralement indigné le président du Réseau arabe de défense des droits humains (ANHRI), Monsieur Gamal Eid, qui déclare :

C’est un jugement répressif qui prouve une fois de plus l’hostilité du gouvernement envers la liberté d’expression, qu’il tente de réprimer depuis longtemps déjà.

Les réseaux sociaux ont fait écho à cette indignation en utilisant le hashtag #FreeAmrNohan pour dénoncer la duplicité du système égyptien et demander la libération d’Amr Nohan.

Mohamed Hafaz, avocat spécialisé dans les droits de l’homme, commente :

Après s’être attaqué aux activistes, aux journalistes et même aux défenseurs des droits de l’homme, le régime menace les internautes. Je pense qu’Amr Nohan a été condamné pour l’exemple, pour tenter d’effrayer tous les autres”.

Il semble en effet que le régime égyptien en place souhaite avoir un contrôle total d’internet. D’ailleurs, un système de surveillance des réseaux sociaux a été mis en place l’année dernière. Un observateur spécialisé dans les médias et les nouvelles technologies précise :

Le régime voudrait avoir un contrôle total du Net, mais c’est un processus très difficile à mettre en place, si ce n’est impossible. Alors, il continue de cibler directement certains utilisateurs.

L’Egypte semble bel et bien être un pays ennemi de la liberté d’expression. Le pays occupe effectivement la 159ème place sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters Sans Frontières l’an passé.

18 journalistes seraient actuellement détenus par le gouvernement d’al-Sissi, victimes “d’arrestations arbitraires” et de “tortures” qui “se généralisent”.

Selon Amnesty International, depuis l’arrivée au pouvoir en juillet 2013 du maréchal al-Sissi, plus de 41 000 Egyptiens ont été arrêtés et emprisonnés. Triste record.

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