Nettoyeur de scènes de crimes, une profession méconnue

Lorsqu’il remplit un formulaire administratif, dans la case « profession », Emmanuel inscrit « Nettoyeur de scènes de crime ». Il est effectivement employé par la société Vita qui est une entreprise de nettoyage. Parmi les services offerts par Vita, on trouve l’extermination de nuisibles ou encore  l’entretien de fosses septiques, mais aussi la branche Requiem qui se spécialise dans le nettoyage postmortem. Ce dernier consiste la moitié du temps à nettoyer des lieux où se sont déroulées des morts violentes et l’autre partie du temps à assainir des endroits dans lesquels des défunts ont été oubliés durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

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Comment Emmanuel vit-il sa profession ? Aime-t-il son métier ? Connait-il des difficultés face à certaines tâches ? Quel est son rapport avec la mort ?

Partons à la découverte d’une profession méconnue.

Lorsqu’il quitte un lieu de travail, Emmanuel monte dans sa voiture et met toujours la musique à fond. Le but de cette opération est bien sûr d’éviter de trop réfléchir, de demeurer actif, de s’occuper pour ne pas commencer à gamberger sur ce qu’il vient de voir. Chez lui, même programme : action plutôt que pensées qui peuvent vite devenir déprimantes.

Parfois cependant, certaines situations sont plus touchantes que d’autres. Les aspects techniques ne posent jamais problème : beaucoup de sang, des odeurs pestilentielles, ça fait partie du travail et on s’y habitue semble-t-il. Même aux asticots qui grouillent un peu partout sur certaines scènes.

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Ce qui demeure sensible, ce sont les personnes rencontrées, les familles le plus souvent. L’infanticide par exemple fait partie des cas dont il est difficile d’effacer les traces. Il faut parfois beaucoup de temps et il arrive que le malaise demeure. En y repensant, les émotions reviennent encore et toujours.

Sur place, les nettoyeurs ne sont jamais seuls et se soutiennent mutuellement en se racontant des banalités et même parfois en faisant des blagues. Si un choc émotionnel doit avoir lieu, il arrive plus tard. À ce moment-là, c’est l’entourage, la famille, les amis qui font toute la différence. Emmanuel pour sa part indique qu’il n’a jamais eu besoin de prendre de médicaments pour gérer son stress. Toutefois, sa société met actuellement en place un partenariat avec une entreprise spécialisée en psychologie des personnes ayant été confrontées à des scènes traumatiques. Histoire de donner aux employés la possibilité de vider leur sac de temps en temps.

Arrêter ce métier n’est pas une option pour Emmanuel qui avoue aimer ce qu’il fait et trouver très enrichissantes toutes les histoires et anecdotes qui jalonnent son parcours de nettoyeur de scènes de crimes.

À la question de savoir s’il a peur de la mort, la réponse d’Emmanuel demeure un peu floue : « J’ai évidemment peur de la mort. Je suis athée et, dans mon esprit, c’est le noir après la vie. Ça me met dans une peur panique ! Je crois aux forces psychiques et à l’âme, mais toujours d’un point de vue scientifique. Je vois ça comme une source d’énergie qui nous est encore inconnue. Je n’ai jamais ressenti la moindre présence ou la moindre peur. »

Mais, revenons sur le travail en tant que tel. Il est important en effet de préciser que les équipes de nettoyage interviennent après les pompes funèbres. Ce sont ces dernières qui disposent des cadavres. Les nettoyeurs ne voient donc pas les morts et s’occupent plutôt des fluides divers laissés sur les lieux. Il arrive que des nausées surviennent ou que certains soient incapables de pénétrer dans un logement en raison, par exemple, de l’odeur, mais c’est occasionnel.

Apparemment donc, il et vrai que l’on soit capable de s’habituer à tout !

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